Anvie...et merde!

Publié le par studyart

Ce soir, je crois que je ne vais plus.


Il est 00h41 et j'ai envie de recommencer. Recommencer à en perdre la raison, tomber dans une autre dimension. Vous savez, cette sensation d'être ailleurs sans avoir changer d'endroit, comme catapulté par une force inconnue. On a alors envie de découvertes, d'aventures et de nouvelles expériences, de connaître les limites de ce nouvel environnement. Et bien c'est mon envie, ce soir.

Après plus d'un mois à ne rien faire d'intéressant: pas de travail, pas de commandes ( enfin si juste une depuis une semaine que je compte terminer demain ), pas de choses stimulantes à faire, à voir, personnes d'intéressant avec qui discuter pendant des heures devant un verre, en marchant au hasard dans les rues – j'ai envie de tout ça.

Je reprends mon souffle: 05 Août 2009. Après près de huit mois d'absence, l'envie ... ou plutôt l'Anvie, avec un A amoureux, revient d'un coup. Tant pis pour l'orthographe. Une marque que j'oublie peut être trop souvent s'agite de nouveau, me fait frissonner la peau. « Ca » c'est réveillé. Enfin!

00h50, j'ai envie de sortir. D'aller courir dehors, sur le bitume, dans les champs, et de crier que je veux poursuivre cette route que j'avais commencé à abandonner malgré moi, par manque d'envie. Sentir l'herbe sous mes pieds nus, le vent frôler une nuisette en satin blanc fleurit de lotus roses. Tout se bouscule dans ma tête, ça court déjà. Et vite même, presque trop vite. Et cette musique émanant des écouteurs passant du classique de Artist's Life de Strauss ( op.316 ) à la musique alternative particulière de Björk, le tout suivit d'une interprétation au piano de Gainsbourg par Péronne ... tout se mélange. Musique, je repense à Massive Attack que j'aime beaucoup, je dois aller les voir en concert un jour. Les choses se compliquent. Je pense à la musique, puis à ces photos que j'ai prise, un peu macabres mais belles. En les modifiant ça devient carrément démoniaque, mais tellement attirant. Le démon envahit l'ange. Ses ailes se tâchent doucement, imbibent le sale et le sang. Photos de maquillage, ça me rappelle la mode de Westwood : «  détruire le mot « convention » ». C'est très ambitieux mais tellement chaotique. Trop pour moi peut être ? Je ne sais, tout est si flou ce soir. J'ai juste envie de prendre tout ce qui se trouve autour de moi et de le serrer fort contre mon corps, le sentir sur ma peau, son odeur, au monde. Sensualité première d'un ange en besoin, d'une pureté qui brûle. Mais dans mon cerveau encombré en cette soirée, besoin, envie, frustration se mêlent dans un rejet de toutes ces choses. Incroyable force qui envoie tout valser dans des couleurs brutales et astringentes à en faire crisser les dents. En mode « rebelle attitude » je me fiche de ce que pensent les gens, je veux juste me sentir exister. Lever la tête, et retourner dans cette état de béatitude et d'émerveillement. Mode aussi « création », je voudrais faire mes vêtements, mon ou mes parfums, vivre à cent à l'heure pendant plusieurs jours, m'épuiser de tout mon corps, et suçoter le repos mérité comme l'hydromel. Cela devient plus compliqué de taper les mots sur le clavier, ça s'embrouille tellement que seule l'envie persiste. Lever la tête vers le soleil frais et humide de Septembre. Quelle impatience ! Manteau de laine, écharpe qui sent la vanille musquée d'un fond de Gaultier². Je rêve de sourire de nouveau à la personne qui me réchauffait de l'intérieur, et comme une bouillotte ambulante, je réchauffais les autres. Chaleur de l'Anvie, chaleur de l'Amour, chaleur de l'Art.

1h20, ça y est ! Je me souviens. Ce soir où, au lycée, j'avais passé la soirée du Mai de l'Art à filmer une mise en abîme de ma vidéo «  Au fil de ... » - que je n'ai jamais pu récupérer. Quel bonheur ! C'est comme si on mélangeait toutes ces choses que l'on adore déguster un soir après une dure journée, lovée dans un canapé lie-de-vin et qu'on nous l'injectait en une assez bonne quantité pour nous donner l'air de drogué en extase. Que l'automne arrive à grands pas! J'attends l'air humide de la pluie passée à venir, et le soleil traversant quelques nuages couper le ciel de jaune.


Ce soir je voudrais m'envoler dans ce monde que j'ai connu autrefois et que j'espère recouvrer un jour, car une sorte de déchirement me nargue, me cherche, prudente. Elle me fait peur mais m'attire en même temps, cette sensation nouvelle. Tentative de vivre de façon plus contradictoire, un plus macabre, mais tellement pleine d'espoir, d'Anvies ... et merde! C'est frustrant d'écrire tout ça là, dans son lit, à ne pas pouvoir bouger à 1h33 du matin. Le monde dort, j'aimerais sortir pour l'observer. Mais seule la nuit est dure, surtout ici, dans les villages trop tranquilles ou les rues trop rassurantes. Déjantée, je veux jouer au violon de la musique punk. Un bon trip hop pourquoi pas électro industriel. mais à 6 mois d'expériences, je ne connais que 5 morceaux relativement propres. Mais un jour bientôt, j'y arriverais. Déconstruire, comme les cubistes mais plus vifs, plus cassant, et à la fois plus délicat, à la manière des estampes japonaises. Travail du pinceau, technique orientale. Oeil européen inspiré de Picasso et Kandinsky. Passion de Rodin et Michel Ange pour le corps, dans tous ses détails, merveilleuse création de la vie que cet animal pensant. Simple objet, le corps se dévoile comme une chose démoulée trop tôt, ou trop tard. Ayant une overdose ou un manque obsessionnel, le corps se réveil compulsif et assoiffé.

1h44 Me voici corps et pensée dans ces clichés. je dois maintenant tenter de me reposer, même si j'ai envie de crayonner, de ne pas dormir. Et pourtant mes yeux larmoyants ne demandent que le repos de cet écran qui les tiraille. Tout comme mes oreilles abusées des sonorités pop, rock, soul et alternative. Mais à présent je ne teins plus, il va falloir abandonner pour ce soir, en espérant que tout sera encore présent au réveil.

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